J’irai ramer à Boston avec le plus grand club d’aviron du monde !

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J’irai ramer à Boston avec le plus grand club d’aviron du monde !

Rameuse passionnée, Corinne (Madame la Présidente de la FRC, NDLR) rêvait de naviguer sur la Charles River de Boston, théâtre chaque automne de la Head of the Charles, l’une des plus importantes courses d’aviron du monde. Depuis quelques semaines c’est chose faite. Retour sur une expérience et une rencontre marquantes.

Ramer à Boston, sur la Charles River avec la Community Rowing Inc

Participant depuis 2011 aux Jamborees iGEM qui se déroulent à Boston, j’admire chaque année30th-AnnivLogo les bateaux qui passent sous le Harvard Bridge, célèbre pont enjambant la Charles River. Cette année, à la faveur de la création de la French Rowing Class (FRC), je saute le pas. C’est décidé, je vais prendre contact avec un club bostonien et ramer sur cette rivière mythique ! Je commence par écumer la toile à la recherche du meilleur « spot » susceptible de me faire découvrir l’aviron version USA…

Très vite, je repère le site d’un club au nom insolite : le Community Rowing Inc (CRI). Je comprends très vite que cet intitulé ne doit rien au hasard : il s’agit bien d’une communauté réunie autour de la pratique de l’aviron. L’importance pour le club de cette notion de communauté rassemblant des individus de tous âges, de toutes catégories sociales et de toutes conditions physiques, du novice à l’élite, se traduit aussi dans son logo.

L’aviron pour tous, tel est le crédo du CRI

Séduite par les valeurs affichées par le CRI, je me lance et prends contact par courriel avec sa Présidente, Lila MacCain 

[1]. En déplacement, elle me dirige vers Bruce Smith [2], Directeur Exécutif du Club qui me reçoit pour une visite guidée du site.

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Bruce Smith, Corinne Dorel et Dale Hurley

Bruce a entraîné le 8+ poids léger US médaillé de bronze aux championnat du monde d’Aiguebelette en 2015. Il coordonne par ailleurs les 45 programmes d’enseignement du CRI qui s’adressent aussi bien aux enfants obèses des écoles avoisinantes qu’aux soldats américains démobilisés. Soit 265 000 heures d’enseignement dispensées grâce à 45 salariés permanents et 75 emplois à temps partiel. Bruce travaille également sur un projet avec la Zambie pour y développer la pratique de l’aviron, tout en participant à l’assainissement du plan d’eau.

Je suis impressionnée par l’ouverture d’esprit, l’attention qu’il porte à chacun et l’efficacité de ce coach de stature internationale.boathouse-CRI

Bruce me présente le « boathouse ».

Un vaste bâtiment confortable où s’alignent 120 bateaux rouges flambants neufs, tous renouvelés en 2015, qui abrite également vestiaires, administration, salles de cours, de musculation et de stretching (j’assiste à une séance d’étirements sous le contrôle d’un maître de ballet). Ce hangar héberge surtout l’Institute for Rowing Leadership ou IRL.

Institute for Rowing LeadershipCar le CRI, est plus qu’un club d’aviron. C’est aussi un berceau pour l’innovation dans la pratique de l’aviron.

Constatant qu’hormis les entraîneurs des universités prestigieuses, les entraîneurs de club avaient du mal à vivre de leur métier en club d’aviron, le CRI a créé, en 2011, l’Institute for Rowing Leadership.

Cet institut dispense une formation en 11 mois pour préparer et certifier les entraîneurs à des missions en clubs universitaires du plus haut niveau et dans les clubs publics.

J’ai ramé sur la Mystic River

Le lendemain matin, Bruce accepte gentiment de me caser dans une « classe ». Au CRI, les bateaux sortent dès 5h30 pour leur première rotation qui sera suivi de 4 autres séances ! A l’heure dite, je trépigne donc devant le hangar à bateau. C’est Brian [3] qui sera mon coach, je suis dans une classe de skiff avec cinq autres rameurs.

feu de marine fixé à l’avant du bateau

feu de marine fixé à l’avant du bateau

Première étape, sécuriser la navigation des nombreuses embarcations présentes sur la Charles River. Je vais donc récupérer, au bureau d’accueil, des feux sur ventouse à fixer à l’avant et à l’arrière de chaque bateau.

Sarah, étudiante au Boston College tout proche, me tend une feuille où sont listés les bateaux à notre disposition, le choix se faisant selon le poids et la taille. Les habitués règlent leurs cale-pieds quand le bateau est posé sur les tréteaux. Pour ma part, je préfère embarquer d’abord pour prendre mes repères.

bateau-suiveurBrian donne ses premières instructions : échauffement jusqu’au banc de sable repéré par un jeu compliqué de bouées, Sarah me servira de guide pour éviter ce premier piège !

Le coach suit depuis un étrange bateau à fond plat et doté d’un cockpit, conçu pour limiter les vagues lors de son déplacement.  Brian prodigue conseils et encouragements à notre petit groupe de six skiffs. Le nid de bouées marque la fin de l’échauffement et l’emplacement du demi-tour.

Là, je vis un moment carrément insolite : le trafic de bateaux est tellement dense à cette époque (nous sommes 15 jours avant la célèbre tête de rivière Head of the Charles), qu’il faut s’insérer entre les groupes qui circulent (accompagnés chacun de leur coach en bateau). J’ai l’impression de m’engager sur l’autoroute par une bretelle d’accélération !

Nous laissons passer deux 8+, puis des équipages de quatre, avant d’entrevoir enfin une accalmie ! Brian nous encourage « Go, Go, Go !!! ». Nous traversons et prenons place dans le trafic, il est un peu plus de 6 heures du matin… Les exercices commencent sous l’œil attentif de Brian qui nous suit à tour de rôle.

Le thème du jour est le relâchement des épaules et l‘attaque. La navigation sur la Charles River diffère beaucoup de celle que je connais sur le Lac des eaux bleues, situé près de Lyon. Ici le parcours est sinueux, et si l’on circule trop près de la berge, on s’accroche dans les racines et les branches ! Plus loin, la rivière s’élargie, et, pour avoir navigué trop près de la berge, je bataille pour dégager mes pelles des napperons de lentilles d’eau…

Hormis ces petits pièges, que les rameurs locaux déjouent à la perfection, c’est un pur bonheur de ramer au petit jour sur cette rivière mythique, dans un bateau réglé à la perfection. La session s’achève en beauté par une accélération jubilatoire dans la zone large de la rivière, puis il est déjà temps de rentrer au ponton.

Lila MacCain et Corinne Dorel

Lila MacCain (CRI) et Corinne Dorel (FRC)

De retour au ponton,

Là, Lila MacCain m’attend et me réserve un accueil chaleureux du haut de son mètre quatre-vingt de rameuse.

Nous visitons la partie administrative du CRI et je fais la connaissance de Tracy Brown, chargée du développement du CRI. L’entretien avec Lila renforce la certitude acquise auprès de Bruce : la FRC partage avec le CRI de nombreuses valeurs. Les dirigeants du CRI et la FRC sont tous convaincus que les apprentissages durent une vie et qu’un fort taux d’encadrement (1 coach pour 8 rameurs à la FRC, 1 coach pour 10 au CRI) associé à un coaching rapproché permet une progression adaptée à chacun.

Mais encore, que l’aviron plus qu’un sport, est un mode de vie pour le maintien de la santé et du bien-être basé sur une communauté d’individus passionnés.

Outre leur sérieux, leur efficacité et leur ouverture d’esprit, ce qui me marque le plus dans cette rencontre avec les dirigeants du Community Rowing Inc, c’est leur volonté d’innover dans tous les domaines de l’aviron (amélioration des bateaux suiveurs, création d’un Institut de Formation pour Entraineurs, Fonds pour l’Innovation…). Cet enthousiasme et cette passion sont incarnés par une équipe motivée trouve du soutien auprès de nombreux donateurs de 1$ à 100 000$. Un modèle inspirant qui permet au CRI de concrétiser les projets les plus audacieux.

Rendez-vous est donc pris pour développer de nouveaux projets en collaboration FRC/CRI, d’autant que les villes de Lyon et Boston travaillent à intensifier leurs échanges : au travail !


[1] Lila McCain amène au Community Rowing board 25 ans d’expertise dans les ressources humaines. Elle accompagne l’entreprise sur des sujets tels que le développement organisationnel, le leadership, la diversité et ses avantages sociaux  Diplômée du Boston College, Lila a obtenu son MBA à la PACE University de New York. Elle rejoint le conseil d’administration du CRI en 2008 pour en prendre la présidence en 2009. Lila s’initiait à l’aviron en 1983 à l’occasion d’un programme d’aviron d’été et rejoignait le CRI en 1985. Lila ramait dans le General Sweeps program et, avec l’équipe féminine du CRI, remportait plusieurs médailles nationales. Aujourd’hui, ses filles rament dans l’équipe junior et son mari Peter, rame avec la sélection masculine. Lila et Peter vivent à Newton.

[2] Bruce H. Smith travaille à la fois sur la gestion du CRI au quotidien et à son développement sur le long terme. En tant qu’intermédiaire entre les membres du conseil d’administration et le personnel, Bruce porte et fait vivre au quotidien à tous les personnels du club, la vision positive du CRI. Egalement très engagé dans le développement des ressources sur le long terme, Bruce travail en permanence au développement des opportunités de ramer à Boston.

[3] Brian DiDominici  a rejoint le CRI au printemps 2010. Il encadre le sculling I, II et III. Il est aussi le Head Boy’s Varsity Coach pour l’équipe Bromfield-Acton-Boxborough de Harvard. Brian est diplômé du Collège Savannah en Art & Design (SCAD), spécialité Art Séquentiel. Il est également titulaire d’une maîtrise en éducation sportive de l’Université d’État de Framingham. Brian rame et barre quatre ans au collège ; se place troisième à la Dad Vail Regatta ; premier à la John Hunter Regatta en 8+ (rameur) et premier à la John Hunter Regatta en 4+ (barreur). Une fois diplômé, Brian est entraîneur adjoint au SCAD de 2002 à 2007 puis entraîneur adjoint de l’équipe féminine de Clark University, puis de celle de Temple University et enfin, entraîneur adjoint de l’équipe masculine du Hobart College comme de l’équipe masculine de Wayland-Weston.

By | 2016-11-20T18:43:11+00:00 dimanche 11 octobre 2015|Categories: Aviron, Vie de l'association|Tags: , , |2 Comments

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  1. FredM 11 octobre 2015 at 18 h 36 min - Reply

    Merci Corinne de nous faire partager cette belle expérience. Fred

    • Laticia 7 janvier 2017 at 1 h 55 min - Reply

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